L'épilepsie : une maladie impressionnante

L'épilepsie : une maladie impressionnante?



L'épilepsie est la maladie neurologique la plus fréquente après la migraine. Elle peut provoquer des crises de convulsions parfois impressionnantes. Pourtant, l'épilepsie est une maladie peu sévère pour environ les trois-quarts des personnes qui en souffrent.

Qu'appelle-t-on épilepsie ?

L'épilepsie est une maladie neurologique chronique définie par la répétition spontanée de crises provoquées par l'hyperactivité extrême d'un groupe de neurones (cellules nerveuses) dans le cerveau. Ces crises soudaines sont le plus souvent de courte durée et leurs manifestations ne sont pas toujours celles qui viennent spontanément à l'esprit lorsqu'on évoque cette maladie.
Une seule crise de type épileptique ne suffit pas pour dire qu'une personne souffre d'épilepsie. Il n'est pas rare que ce type de crise survienne une seule fois chez une personne et ne se reproduise jamais. Dans ce cas, la personne ne souffre pas d'épilepsie. Seule la répétition des crises permet de définir une épilepsie.

Qu'est-ce qu'une crise d'épilepsie ?

Le cerveau est constitué de cellules nerveuses, appelées neurones, qui communiquent entre elles par des signaux chimiques et électriques. Lorsqu'un groupe de neurones est soudain, pour une raison ou une autre, le siège d'une activité électrique excessive et désorganisée, cette activité électrique va se propager aux zones du cerveau avoisinantes, voire à l'ensemble du cerveau. Tout se passe comme si le cerveau, soudain soumis à une sorte d'orage électrique, cessait de fonctionner normalement : c'est la crise d'épilepsie. Après quelques minutes, l'orage se calme et la crise d'épilepsie cesse.
Selon la zone du cerveau où se produit cette hyperactivité électrique, les symptômes seront différents. L'épilepsie est dite "partielle" ou "focale" (du latin focus : foyer) lorsqu'une partie seulement du cerveau est l'objet de cette activité électrique excessive. L'épilepsie est dite "généralisée" lorsque l'ensemble du cerveau est touché.
Ainsi, il n'y a pas "une" épilepsie, mais de multiples formes d'épilepsie, caractérisées par plusieurs critères : leur cause, leur localisation dans le cerveau, l'âge de début de la maladie, et leur évolution, bénigne ou sévère.

L'épilepsie est-elle fréquente ?

On estime qu'il y a environ 450 000 personnes épileptiques en France (soit dix fois moins que les quatre millions de personnes souffrant de migraines). Près de 40 millions de personnes souffrent d'épilepsie à travers le monde, avec une légère prédominance masculine.
L'épilepsie peut débuter à tout âge. Elle apparaît cependant plus fréquemment aux âges extrêmes de la vie, chez l'enfant et chez les personnes âgées. Plus de la moitié des épilepsies commencent pendant l'enfance : chaque année, environ 4 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chez l'enfant.
Chez les seniors, l'épilepsie peut être provoquée par des lésions du cerveau, par exemple à la suite d'un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d'une tumeur. Cependant, pour près de la moitié des cas d'épilepsie chez la personne âgée, aucune cause précise n'est retrouvée. Lorsque le traitement est bien supporté, ces épilepsies sont de faible gravité. Cependant, la mauvaise tolérance des traitements antiépileptiques reste le problème principal chez la personne âgée, le plus souvent à cause d'autres maladies ou d'autres traitements qui compliquent la prise en charge de l'épilepsie.

Quels sont les symptômes de l'épilepsie ?

L'épilepsie correspond à une activité électrique anormale dans le cerveau qui se traduit par des crises dites épileptiques. Ces crises ne sont pas toutes identiques. Selon leur forme et leur intensité, on en distingue plusieurs types. Leur répétition spontanée définit l'épilepsie et il est important que l'entourage puisse décrire les symptômes observés au cours des crises afin d'aider le neurologue dans son diagnostic et dans la prise en charge de la maladie.
L'épilepsie partielle
Les crises d'épilepsie sont dites "partielles" ou "focales" lorsque l'hyperactivité électrique ne touche qu'une zone localisée du cerveau, sans s'étendre. Dans ce cas, la personne reste consciente.
Ces crises partielles sont dites "simples" lorsqu'elles provoquent des symptômes discrets comme des hallucinations (tous les sens peuvent être touchés), des contractions musculaires, des fourmillements dans les membres ou des bouffées d'émotion inattendues.
Les crises partielles sont dites "complexes" lorsqu'elles se traduisent également par un regard fixe, des gestes répétitifs et sans raison d'être, ainsi qu'une impossibilité de se souvenir clairement de ce qui s'est passé pendant la crise.
L'épilepsie généralisée
Les crises d'épilepsie sont dites "généralisées" lorsque l'hyperactivité électrique s'étend de sa zone d'origine à l'ensemble du cerveau. On distingue quatre types de crises d'épilepsie généralisées. Certaines personnes épileptiques ressentent des symptômes annonciateurs de la crise qui vient : ce phénomène d' "aura" peut se traduire par des hallucinations, de la nervosité ou de l'irritabilité, un sentiment de peur ou des impressions de "déjà-vu".
  • Les absences généralisées
Les absences, autrefois appelées "petit mal", touchent essentiellement les enfants entre cinq et douze ans. Il s'agit d'une crise d'épilepsie sans convulsion : la personne perd le contact avec son entourage pendant quelques secondes, son regard est dans le vague et elle peut cligner des paupières. Ce phénomène peut se répéter plusieurs fois par jour ou, parfois, par heure. Les parents et les enseignants pensent parfois que l'enfant est un rêveur souvent dans la lune.
  • Les crises tonico-cloniques
Les crises tonico-cloniques sont celles qui viennent à l'esprit lorsqu'on pense à l'épilepsie. Également autrefois appelées "grand mal", elles se traduisent par une perte de connaissance entraînant une chute, des convulsions, l'apparition de bave au bord des lèvres (les mâchoires sont contractées et la personne ne déglutit plus) et, parfois, des vomissements, une perte d'urine ou de selles, ainsi qu'un bref arrêt de la respiration qui provoque une cyanose (la personne bleuit).
Ce type de crise est impressionnant pour l'entourage et peut être à l'origine de blessures provoquées par la chute et la perte de connaissance. Le plus souvent, la crise s'arrête d'elle-même en moins de deux minutes.
En termes médicaux, c'est une crise généralisée tonico-clonique, car elle comporte deux phases : elle enchaîne une période de contraction musculaire intense (phase tonique) et une période de convulsions (phase clonique). Lorsque la personne reprend conscience, elle est désorientée, fatiguée et éprouve un fort besoin de dormir.
  • Les crises myocloniques
Les crises dites "myocloniques" se traduisent par des secousses musculaires brusques et répétées, au niveau des bras et des jambes, survenant essentiellement au réveil ; la personne s'en rend compte et peut lâcher des objets ou tomber. Cette forme de crise s'observe par exemple chez un adolescent qui renverse, de façon involontaire, son verre de jus de fruit ou son bol de chocolat au petit déjeuner.
  • Les crises atoniques
Plus rares, les crises atoniques se traduisent par une perte soudaine de tonus musculaire. La personne s'affaisse sur elle-même pendant quelques secondes, puis se relève et peut recommencer à marcher sans problème.
Comment évolue l'épilepsie ?
De nombreuses formes d'épilepsie évoluent vers une guérison spontanée au bout d'un temps variable (souvent plusieurs années). C'est le cas pour environ 60 % des patients dont les crises sont bien contrôlées par les médicaments antiépileptiques. Les crises disparaissent et il est possible d'arrêter définitivement le traitement, de façon progressive et sous surveillance médicale, sans risque de récidive. Plus de la moitié des d'enfants épileptiques guérissent complètement avant d'atteindre l'âge adulte en raison de la maturation de leur système nerveux.
Une forme grave peut se stabiliser à long terme et devenir moins sévère, mais l'inverse est également possible. Dans la majorité des cas, le traitement a un effet bénéfique : un tiers des patients voient leurs crises disparaître totalement, et pour un autre tiers, la fréquence des crises est diminuée de plus de moitié.
Les complications de l'épilepsie
Une crise généralisée tonico-clonique peut se compliquer de traumatismes liés à la chute (ou à un accident), de destruction des cellules des muscles (du fait de la contraction intense pendant la phase tonique de la crise) ou d'une pneumopathie d'inhalation, c'est-à-dire une maladie des poumons liée au passage du contenu de l'estomac dans les voies respiratoires pendant la crise.
De plus, une crise prolongée peut avoir des conséquences durables au niveau du cerveau du fait de l'apport insuffisant d'oxygène et de la libération massive de messagers chimiques par les neurones. Pour cette raison, une crise anormalement longue ou intense, ou qui laisse une impression différente des crises précédentes, justifie une consultation en urgence pour prévenir l'apparition de séquelles neurologiques.

No comments:

Post a Comment